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Hippy

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les enfants de '68...


Le cil de loup

Publié par journaliste sur 29 Octobre 2009, 11:13am

Catégories : #Alternatives educatives

Ne va pas dans les bois, disaient-ils, n’y va pas.

Et pourquoi donc ?
Pourquoi n’irai-je pas ce soir dans les bois demanda-t-elle...

Dans les bois vit un grand loup qui mange les humains comme toi.

Ne vas pas dans les bois, n’y va pas.

Bien sûr, elle y alla. Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr, comme ils avaient dit elle rencontra le loup. On t’avait prévenu, fit le chœur .C’est ma vie, pauvre noix, rétorqua-t-elle. On n’est pas dans un conte de fée. Il faut que j’aille dans les bois. Il faut que je rencontre le loup, sinon ma vie ne commencera jamais. Mais le loup qu’elle rencontra était pris dans un piège. Dans un piège était prise la patte du loup.

Vient a mon aide, viens a mon secours ! Aï aï aïe ! s’écria le loup. Vient a mon aide, vient a mon secours et je te récompenserai comme il se doit. Car ainsi font les loups dans ce type de compte. Et comment serai-je sûre que tu ne vas pas me faire mal ? Interrogea-t-elle_ c’était son rôle de poser de question. Comment serai-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire en un tas d’os ?

La question n’est pas la bonne, dit ce loup-ci. Tu dois me croire sur parole. Et il se remit a gémir et a crier : Oh, la ! Aï,aï,aï !

Belle dame Il n’y a qu’une question qui vaille : Ououououououououou !

C’est bien, le loup. Je prends le risque. Allons y ! Et elle écarta les mâchoires du piège, le loup retira sa patte, qu’elle pansa avec des herbes et des plantes. Ooh, merci aimable dame, merci, dit le loup, soulagé. Et parce qu’elle avait trop lu de contes d’un certain type, le mauvais, elle s’exclama : Allons, finissons en. Tue moi. Maintenant. Mais ainsi le loup ne fit il pas. Pas du tout. Il posa sa patte sur son bras.

Je suis un loup d’ailleurs, un loup qui vient d’un autre temps, dit-il. Et il s’arracha un cil, puis le lui offrit en disant : Sers-t’en avec discernement. Désormais, tu sauras qui est bon et qui ne l’est guère ; il te suffira de voir par mes yeux pour voir clair.

Tu m’as permis de vivre et pour cela je t’offre de vivre ta vie comme jamais tu ne le fis. Souvient toi, belle dame, il n’y qu’une question qui vaille

Ououououououououh  Ehehehehehehe Laaaaaaaaaaaaaaam ?

Ainsi revient elle au village ravie d’être encore en vie et cette foi, quand ils disaient

« Reste ici, marions nous » Où « fait ce que je te dit » Où « dit ce que je te dit de dire, surtout n’aie aucun avis » Elle portait à son œil le cil du loup et voyait à travers lui, leurs véritables motivations comme elle ne l’avait jamais fait alors quand le boucher posa la viande sur la balance elle vit qu’il pesait son pouce avec. Et quand elle regarda son soupirant qui soupirai »je suis parfait pour toi » Elle vit que se soupirant la n’était même pas bon a quoi que se soit de sorte qu’elle fut a l’abri sinon de tout les malheurs du monde du moins d’une grande partie, plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permis de distingué le cruel et le sournois, et cœurs ne connu plus de limite, car elle regardait tout un chacun et l’évaluait grâce au don du loup qu’elle avait sauvé.

Et elle vit les gens de bonté vrai

Et elle s’en approcha de sa vie et resta près de lui,

Elle distingua les êtres de courage

Et deux se rapprocha,

Elle connu les cœurs fidèle

Et se joignit a eux,

Elle vit la confusion sous la colère

Et se hâta de l’apaiser,

Elle vit l’amour briller dans les yeux des timides,

Et tendit la main vers eux

Elle vit la souffrance des collets montés

Et courtisa leur sourire,

Elle vit le besoin chez l’homme sans paroles,

Et parla en son nom

Elle vit la foi luire au plus profond

De la femme qui la niait

Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout avec son cil de loup, tout ce qui était vrai, tout ce qui était faux,

Tout ce qui se retournait contre la vie

Et tout ce qui se tournait vers la vie

Tout ce qui ne peut pas ce voir

Qu’a travers le regard

Qui évalue le cœur avec le cœur

Et non a la seul aune de l’esprit.

C’est ainsi qu’elle appris que ce que l’on dit est vrai : le loup est le plus avisé de tous, et si vous prêté l’oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu’il hurle, est toujours en train de poser la question la plus importante. Non pas « ou est le prochain repas ! », ni « ou est le prochain combat ? » ni « ou est la prochaine danse ? »

Mais la question la plus importante pour voir a l’intérieur, pour voir derrière, pour estimer la valeur de tout ce qui vit

Ououououououououou ehehehehehe laaaaaaam ?

Ouououououououou ehehehehehe laaaaaaaaam ?

Où est l’âme ? 
Où est l’âme ? 

Va dans les bois, va.

Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n’arrivera,
jamais ta vie ne commencera...
Va dans les bois, va,
Va dans les bois, va,
Va dans les bois, va.

extrait de "the wolf's eyelash", poème en prose original de C.P.Estes
livre d'initiation de l'âme sauvage de Clarissa
Pincola Estes*
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* Clarissa Pinkola Estés (1945 aux États-Unis) dans une famille d'origine hongroise. Elle est diplômée en ethnologie et en psychologie clinique (Ph.D.). Elle est conteuse et psychanalyste.

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