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les enfants de '68...


Les Cévennes

Publié par hippy sur 3 Juillet 2010, 19:56pm

Catégories : #Zones Hippys

 
Le refuge cévenol
 
 
 
Les Cévennes demeurent fidèles à leur tradition de terre d’accueil, que ce soit pour les néo-Cévenols des années 70 ou les tout nouveaux arrivants.
 
 
par David VELDHUIZEN

 
« Terre de refuge », l’expression vient à la bouche de très nombreux Cévenols quand on les interroge sur leurs montagnes. Un refuge pour des populations variées, dont l’on peut distinguer les natifs qui n’ont jamais quitté la région de ceux qui l’ont quittée pour travailler mais reviennent pour y passer leur retraite, d’autres retraités qui ne sont pas originaires du pays. Enfin, deux autres groupes d’arrivants, les « marginaux » et les « marginalisés ».

« Il ne faut pas les confondre, insiste Daniel Travier, du musée des Vallées cévenoles. Les “marginaux” sont arrivés dans les années soixante-dix – c’est la vague postsoixante-huitarde –, en quête de rupture. » Pour eux, vivre dans les Cévennes correspond à un véritable choix de société, un retour aux sources, parfois un peu utopique. D’ailleurs, pas mal ont été déçus et sont repartis. Les autres se sont lancés dans la culture maraîchère ou l’élevage. Sans oublier les professions intellectuelles supérieures (médecins, services), qui ont donné à la région un nouveau souffle après plusieurs décennies de déclin.

« C’est le milieu qui le veut »

Les « marginalisés » sont, quant à eux, arrivés ces dernières années. Leur implantation correspond à une logique très différente des précédents. Pour Hubert Pfister, maire de Saint-Martin-de-Lansuscle et arrivé dans les Cévennes il y a quelques décennies, « cette population est consciente qu’il est moins difficile de vivre avec le RMI dans les Cévennes qu’à Sarcelles ». Le climat limitant les factures de chauffage, mais également l’importance des relations sociales dans des petits villages de moins de 500 habitants permettant à des personnes exclues en ville de survivre dans un inconfort moins grand. L’élu ajoute : « Les personnes qui reçoivent des allocations du style RMI vont chercher ici une activité. Bien sûr, ils débuteront par des petits boulots, mais ils trouvent parfois aussi des emplois aidés et, sur cinq ou six ans, une véritable intégration aura lieu. Ils peuvent réellement contribuer à la vie sociale ; d’ailleurs, c’est le milieu qui le veut. » Dans cet environnement rural, les nouveaux arrivés permettent aussi de sauver des classes dans les écoles. « Mais il est important de souligner, relève Hubert Pfister, que sans moyen de locomotion et sans certaines habitudes d’autonomie l’implantation de marginalisés dans les Cévennes ne sert à rien. »

La fragilité de la situation est également perçue par Claude Faïsse, né dans les montagnes et conseiller général du canton Barre-des-Cévennes. « Ici, le travail est une valeur très appréciée ou, dans une acceptation plus large, toute activité qui fait vivre le pays. » Les néo-Cévenols des années soixante-dix qui sont restés sont aujourd’hui complètement intégrés : ils ont renforcé le tissu associatif, prennent part aux conseils municipaux… Ils ont pleinement assimilé les valeurs locales, issues du protestantisme, d’ouverture, de tolérance, d’accueil des opprimés, parfois en les laïcisant. « Je suis en revanche contraint d’observer, ajoute-t-il, que certains des récents arrivants ne sont pas porteurs d’un même esprit positif. Ils sont plutôt en situation d’échec dans leurs banlieues. Il faut se garder de généraliser, mais une telle attitude, vue superficiellement, peut entraîner quelques difficultés. Certains croient qu’ils ne veulent pas travailler. »

En fait, avec la hausse vertigineuse du foncier et le fort taux de chômage dans la région, reprendre une activité n’est pas une sinécure. Et Daniel Travier de conclure : « les problèmes sont rares tant que les équilibres entre Cévenols depuis plusieurs générations et nouveaux arrivants sont maintenus, ce qui est très souvent le cas. Le discours selon lequel la “cévenolité” n’a rien à voir avec le droit du sang est maintenant très majoritaire. »


A lire :

Portraits en Cévennes

Yann Cruvellier
éd. Alcide
207 p., 29 euros.

 

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