En ariège une communauté hippies est installée loin d'un petit village. Ils sont là depuis 1971, ont fondé des familles. Des enfants sont nés et contribuent à la pérénité de la communauté.
Ils vivent aujourd'hui grâce au solaire, et aux puits d'eau qu'ils ont sur leur propriété. Ils font pousser des légumes et cueillent leurs propres fruits. Ce qu'ils ont en trop, ils le vendent au marché, pour acheter le nécessaire, ou ils troquent.

Cette forme de vie en société, qui dure depuis plus de quarante ans.


publié le 06/09/2007 10:27 - Modifié le 04/10/2007 à 15:57 | Martine Ravache

Ariège. Un « néopatrimoine » à vivre

http://www.ladepeche.fr/article/2007/09/06/10086-ariege-un-neopatrimoine-a-vivre.html

reportage. L'architecture néorurale fait-elle partie du patrimoine ariégeois ? La question se pose avec acuité à la vue des demeures bâties depuis les années soixante-dix dans une quête de communion avec la nature.

Les « Néoruraux », les « Hippies », les « marginaux », les « Pelute », disait-on en patois, sont arrivés en Ariège dans les années soixante-dix. Impossible d'avancer un chiffre, une chose est sûre : ils étaient jeunes et nombreux. Ils ont envahi les montagnes dépeuplées. Ils ont trouvé et retapé des villages abandonnés auxquels ils ont redonné vie. Quelques-uns sont repartis, beaucoup sont restés. Jacques qui, entre-temps est devenu le maire néoariégeois d'une commune du Séronais, raconte : « Nous vivions à six en communauté. Nous cherchions un village avec plusieurs maisons. Après avoir cherché dans la Drôme et en Ardèche, nous sommes arrivés ici en 1977. À ce moment-là, les orties et les ronces envahissaient jusqu'à l'entrée de l'église. Nous avons acheté tout de suite trois lots à la SAFER. En 1985, la communauté, c'était fini… ».

Les rénovations de ruines et de granges délabrées se sont faites la plupart du temps sans permis de construire. L'époque était peu tatillonne, éprise de libertés avant tout, et qui se souciait de ces baraques en ruine ? Il fallait être fou pour s'y intéresser. Les marginaux en ont gardé un goût pour la discrétion qui perdure aujourd'hui.

Ces « auto constructions » avant l'heure ont innové en partant de l'habitat traditionnel. « Autrefois, les paysans passaient l'hiver au coin du feu et l'été, ils vivaient dehors. » dit Jacques. « Alors, on a modernisé en gardant le style ariégeois, en mariant la pierre, le bois et le verre ». Les maisons se sont ouvertes sur la nature, en communion avec elle, à travers de larges baies vitrées, des fenêtres agrandies, ovales, rondes.

Parmi ces « architectures libres, spontanées, sauvages, marginales, autodidactes, novatrices » (1) se trouvent quelques chefs-d'œuvre. Ces lieux sont toujours discrets, ainsi deux ou trois jardins d'Éden, suspendus au-dessus des torrents de la Barguillère ou encore des « maisons de Blanche neige » (parole de postière), disséminées un peu partout dans les montagnes ariégeoises, si artistiques qu'elles rendent la nature encore plus somptueuse.

Dans le Seronais, la maison de Lili et Laurent est de celles-là. Des photos du lieu ont déjà été publiées dans des revues et des éditions internationales dont « Homework » aux États-Unis, une revue pionnière en matière d'architectures alternatives, initiée par les célèbres charpentiers californiens des années soixante-dix et dévouée à la promotion des architectures les plus novatrices, depuis les maisons flottantes d'Amsterdam jusqu'aux dômes américains, etc.

Les Américains présentent le home très ariégeois de Lili et Laurent comme « Une maison ronde au cœur de la forêt, sur une base de marbre rose, surmonté de bois tordus Tel était (le) contrat avec les Esprits qui protègent l'harmonie de ce lieu » Laurent parle de son travail comme « d'un délire expérimental ». Les voisins préfèrent dire que c'est une maison de poète.

Roland, s'il a effectivement le doux regard du poète, a aussi l'énergie tenace d'un travailleur. Il cultive son jardin secret car il se méfie des étiquettes négatives, anti-progrès accolées au dos des « Babas » depuis trente ans : « C'est tout juste si j'ai un niveau. Je fais tout à l'œil ; je suis intuitif. J'évite tout angle aigu, toute résonance pointue. Je cherche à ce que tout soit le plus rond possible. J'utilise du bois brut, des bois tordus, impropres au travail industriel, un bois qui n'intéresse personne et qui demande dix fois plus de travail que le bois normal. Je ferme des fenêtres comme ça, je fabrique des meubles entiers dans un seul arbre comme ces étagères ou ce siège pris entre un hêtre et un chêne, ou encore l'escalier, ici, soutenu par un seul tronc. Je dessine des fenêtres triangulaires, ovales. J'utilise des tuiles de bois, c'est un truc de montagnard, ça vient du Jura. La baignoire est entièrement construite à partir de tranches de marbre d'Ariège, du marbre rose, violet, orange, noir. Tous les matériaux sont d'origine locale »

Il se dit encore passionné par l'idée d'intégrer l'énergie solaire à l'architecture ariégeoise et rêve en s'amusant de construire un jour une maison sous terre, naturellement bioclimatique !

Les auto constructions ariégeoises, toujours écologiquement correctes, prennent de multiples formes au gré de l'imagination de leurs habitants ou de leurs moyens : yourtes en bois, tipis, maisons en paille et terre, toits végétaux, cabanes en bois (une centaine environ). Dans les magazines branchés parisiens, la dernière mode propose des week-ends hors de prix aux citadins stressés pour changer d'air et vivre perchés sur une cabane dans les arbres. L'Ariège, sans le savoir, semble très en avance sur cette dernière tendance, celle qui tend à réconcilier l'homme contemporain avec la nature.

L'arrivée des néoruraux dans les années soixante-dix, a enrichi l'Ariège d'une nouvelle identité. Ce que confirme Jean Soum, professeur d'architecture bioclimatique à L'École d'architecture de Toulouse, Ariégeois, spécialiste des architectures alternatives et traditionnelles, auteur d'un livre à venir sur la question, quelques milliers de photos à son compteur et un relevé systématique de la région : « Cette architecture alternative est un patrimoine contemporain qui deviendra historique dans quelque temps. Ces maisons originales et libres, construites dans différentes vallées ariégeoises, autour de Massat ou ailleurs ont donné une véritable impulsion au niveau national. L'Ariège est devenue une source de diffusion de modèles architecturaux et écologiques ».

À l'heure où la charte du futur Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises se rédige et où on redéfinit -tant bien que mal- un « style ariégeois », pourquoi ne pas prendre en compte une page mal connue de l'histoire ariégeoise et lui reconnaître le mérite d'être en avance sur son temps ? Car éco-construction rime avec agriculture biologique, énergies propres, phytothérapies, etc. Tout un patrimoine « vert » dont le département commence déjà à faire son image de marque. Jacques conclut, en responsable communal plein de vaillance et d'énergie : Ca fait trente ans qu'on retape nos maisons et on n'a pas fini. » ! Et en plus, l'Ariège, ça conserve !

 

 

Réseau Droit Paysan …les néo-ruraux et l’Ariège

Le mouvement, né en Ariège au printemps 1998 des expériences « d’anciens néo-ruraux » confrontés à l’arrivée d’exclus économiques à la recherche d’une vie en milieu rural, est ouvert aux « Rmistes, aux chômeurs, aux agriculteurs Bio, aux artisans, aux musiciens, aux SDF, aux nomades, aux sympathisants, aux expérimentateurs de nouvelles formes d’existence hors des normes productivistes actuelles et soucieux de la préservation de notre environnement nature ». Militant pour l’obtention d’une terre et d’un toit, les participants se sont organisés en réseau de groupes autonomes afin de prendre en compte la spécificité des contextes locaux et pour éviter la bureaucratisation d’une organisation centralisée.

Jean Soum : archilibre.org

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Tag(s) : #Zones Hippys
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